© Matthieu Faury 2019


Matthieu Faury est né en 1970 à Cherbourg. Il vit et travaille à Paris et Avignon. 

Ancien élève de l’école des Beaux-Arts de Versailles, Matthieu Faury a vécu pendant deux ans en Côte d’Ivoire, où il s’est forgé un style vif et sensible. De retour en France il créée des œuvres « primitives contemporaines » - principalement des sculptures, qui mêlent les fils de références puisées dans la littérature, le cinéma, l’actualité, la science, l’histoire de l’art. Depuis une quinzaine d’années nombre d’entre elles mettent en scène des singes, véritable fil rouge de ses créations. Il utilise toute la palette   des   techniques   (modelage,   moulage,   taille,   fonte,   impression   numérique, découpe  et  usinage)  et  des  matériaux  (céramique,  pierre,  marbre,  bois,  bronze, aluminium, résine).

En 2010 Faury installe son atelier à Avignon, et la proximité des sites historiques lui inspire une série d’œuvres lui permettant de dialoguer avec les architectures qui s’y trouvent. En particulier le Casque d’Apollon - un casque de style antique en aluminium de deux mètres de haut - sera exposé devant le Pont du Gard, dans le site antique de Glanum et sur l’esplanade du château des Baux-de-Provence. Inspiré par l’histoire vraie d’un  transgenre  Female-to-Male  il  crée  la  sculpture  « H+ »  représentant  un  homme
« enceint », qui a été exposée à Avignon pendant le festival (juillet 2012). Pour le château
de Tarascon, en 2012 également, il installe une assemblée de singes dans la chambre du Roi René
- exposition Bêtes, monstres et bestioles - puis en 2015 un « Château-Cœur » monumental, architecture mutante et palpitante, en référence au Livre du cœur d’amour épris écrit au quinzième siècle par René d’Anjou. En 2017 il présente dans le Jardin de sculptures de la Fondation Salinger au Thor la sculpture « Purgatorius », métaphore d’une Terre vivante soumise à rude épreuve. 

Ses productions les plus récentes sont des dessins. Il s’agit d’un ensemble de portraits d’hommes et de femmes transgenre mêlant plusieurs techniques. Ils ont été présentés  au  salon  DDESSINPARIS  (mars  2018)  et  seront  à  nouveau  exposés  fin septembre à Beyrouth (Beirut Art Fair). 

Ses œuvres sont présentes dans des collections privées en France, Angleterre, Écosse, Italie, Suisse, États-Unis, Inde. 



Démarche




Mon travail de sculpteur a pour objectif de révéler ce qui n'est plus visible, ce que
l'humain finalement a oublié de sa propre nature.

 
Comprendre l’humain est le sujet. J’étudie ce qui le définit, notamment par opposition  à  l’animal.  Qu’est-ce  que  l’humanité  ?  Y  a-t-il  une  frontière  nette  entre humanité et animalité ? Entre civilisé et barbare ? Entre homme et femme ?

                 Mon  art  fusionne  morphologie,  biologie,  Histoire,  contes  et  philosophie.  Mes œuvres  renvoient autant à la culture populaire ou classique (références aux contes de fée, à Shakespeare, à René d’Anjou) qu’à des problématiques contemporaines (démocratie,   transgenre,   anthropocène).   Et   à   l’histoire   de   l’Art   aussi,   ce   grand kaléidoscope auquel j’emprunte sans cesse des fragments de formes et d’idées.


                Ma démarche artistique est darwinienne, à plusieurs titres. Dans mes sculptures les  notions de transformation et de mutation sont en effet primordiales. Elles sont au cœur de ma pratique créative et très présentes dans mes sujets artistiques. 

               
                  Pour moi, sculpter consiste d'abord à modeler, mouler, cloner, déformer, couper, tailler, recouvrir, polir, brûler, cuire … Quand je crée, rien ne reste à l’état brut. Au contraire, tous les matériaux, des plus purs aux plus composites, sont transformés. D’où un cortège impressionnant de matières, textures et couleurs dans mon œuvre.

                     Par  ailleurs,  j’aborde  de  manière  récurrente  le  thème  de  l’évolution,  au  sens
darwinien du terme. Les parentés entre animaux et humains, et le flou des frontières biologiques, se perçoivent avec ironie ou émotion autant dans mes « crânes politiques » que  dans  mes  sculptures  de  grands  singes.  Les  figures  de  l'homme-maman  (
H  +), d'objets mutants (Valises à singe, bio-casque, Casque d’Apollon) ou encore d’architectures hybrides  (Temple  extrudéDanse  du  ChâteauChâteau-Cœur)  déclinent  aussi  mes réflexions sur les limites de notre condition et sur l'ambivalence de l'être.

La figure du singe est d’autant plus intéressante que cet animal, sorte d'alter ego tantôt goguenard tantôt tragique de l'homme, révèle et transfigure notre propre condition. La Singite, avec ses multiples déclinaisons, m'a ainsi permis de montrer le monde avec le regard moqueur ou effaré d'un autre hominidé, mais aussi de dévoiler certaines discordances en l'homme. Ma démarche peut ainsi apparaître politique, profondément ancrée dans notre époque, questionnant les fondements ou le devenir de notre vie ensemble, de notre cité.

Mon art en effet comporte une forte trame narrative et s'avère être un support de
réflexion efficace, et inattendu. Les motifs présents dans mes tableaux ou mes sculptures
-  bustes  de  singes  en  empereurs  romains  ou  en  rois  shakespeariens,  heaumes  simiens,
squelettes dédoublés, vanités politiques, homme enceint, architectures déformées ou encore le bio-casque
- proposent un point de vue mais offrent également une multitude de  significations  pour  le  spectateur  qui  peut  y  trouver  aussi  dissemblance  ou  non-sens. 

J’aime en effet modifier le sens d’une œuvre au moyen de simples détails, permettant  de  dériver  du  particulier  au  général,  de  l’animalier  à  l’écologique,  du masculin au transgenre, de l’antique au politique. 

Mes  œuvres,  autant  par  leurs  techniques  que  par  leurs  messages,  s'apparentent
par conséquent à une exégèse hardie et singulière du monde et de notre propre nature.



Expositions individuelles 
2018
. Galerie Marie Jaouen, Beirut Art Fair.
. Galerie Marie Jaouen, Salon DDESSIN PARIS. 
2016
.
« Amour merci mon ! », performance ovine - Dans un champ, Sauveterre
2015
·
Si les châteaux m’étaient contés - Château de Tarascon-Centre d’arts René d’Anjou 
2014
.
Je ferai une très bonne maire - Collage d’affiches, Paris & Avignon
2013
·
NEVER///AGAIN - Maison de Fogasses, Avignon
2012 
·
Métaphysique des casques - Hôtel de Manville et esplanade du château, Les Baux-de- Provence
·
VIE À TOUT PRIX - Galerie LC, Paris
2011 
·
Protéger l’Art - Site archéologique de Glanum, Saint-Rémy-de-Provence
·
Les Animaux architectes - Hôtel de Sade, Saint-Rémy-de-Provence - Festival A-part
2010 
·
Le Casque d’Apollon - Site du Pont du Gard
2009 
·
La Singite - Galerie LC, Paris
2002 
·
Dualités - Galerie Fugitive, Paris
1995 
· Galerie J.Zogo - Le Plateau, Abidjan


Expositions collectives

2019
. Lauréats du concours « Prix de céramique de petite forme, Expression Terre 2018 », La Piscine, Roubaix.
2018
. Lauréats du concours « Prix de céramique de petite forme, Expression Terre 2018 », École d’art de Douai. 
. Galerie ODD, Saint-Paul de Vence
2017
. Galerie ODD, Saint-Paul de Vence
. Jardin de sculptures de la Fondation Poppy & Pierre Salinger, le Thor
2016
. ABBYAC - Abbaye de Saint-André, Villeneuve-lès-Avignon
.
Superflux - Viens voir, lieu de curiosité artistique, Tavel
2014
· Galerie Pascal Lainé - Ménerbes
·
Dialogues avec Goya - Hôtel de Manville, Les Baux-de-Provence - Festival A-part
2013
·
Confrontation monumentale, parcours de sculptures contemporaines - Galeries Linz et Pascal Lainé, Ménerbes
·
Tombés des nues - Chapelle du Grand Couvent, Cavaillon
·
25 ans d’art contemporain - Galerie Pascal Lainé, Ménerbes
2012 
·
Bêtes, monstres et bestioles, dialogue autour du Moyen Age et de la création
contemporaine - Château de Tarascon-Centre d’arts René d’Anjou
· Hyper*corps - Cour des Archives municipales, Avignon
2010 
·
Vanités contemporaines - Galerie LC, Paris
2008
·
Art/Design - Maatgallery, Paris
2007
· Maatgallery, Paris
2003
·
Autour du Congo - Noisy-le-Grand, Espace Michel Simon